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Notre vision

  • Depuis de nombreuses années, le monde vit une crise économique qui de l’avis des experts est aussi grave que le krach boursier de 1929. Au delà d’être l’effondrement de la spéculation financière, c’est aussi l’échec d’un système productiviste aveugle qui n’a épargné ni l’homme, ni son environnement social et naturel. C’est à un véritable désordre social que nous assistons dans le monde et qui touche en premier lieu, les populations les plus faibles, les plus démunies et les moins armées sur le plan social, économique et juridique.

    C’est la chute d’un système conditionné par une vision unilatérale du monde qui a poussé à une industrialisation effrénée entrainant des comportements d’hyper activité consumériste avec pour conséquences des situations humaines douloureuses et environnementales irréversibles. Des effets directs de ce système ultralibéral, créé, dans le seul objectif de faire des profits au déni du bien être et de l’épanouissement de la personne humaine qui ont provoqués :

    -          Des licenciements en nombre, l’expulsion de nombreux habitants de leurs logements, des déplacements de populations en masse, qui traduisent un appauvrissement de plus en plus de personnes,

    -          Un réchauffement du climat qui représente des risques majeurs pour des millions de personnes.

    Une question du dérèglement climatique qui est, aujourd’hui, une préoccupation d’inégale proportion entre les différents états. Le sommet de Copenhague sur le climat en témoigne. Un accord a minima été signé et le contenu est bien en deçà des espérances que la conférence avait soulevé.

    Pourtant, cette inquiétude des experts du GIEC (Groupement d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) qui alertent nos dirigeants depuis de nombreuses années, ne date pas d’aujourd’hui. Depuis le 19ème siècle, en  1896, le chimiste suédois Svante ARREHRIUS a élaboré une théorie du réchauffement climatique. Il avait, déjà, à l’époque fait le lien entre l’augmentation du CO2 atmosphérique à une augmentation sensible des températures terrestres en raison d’un « effet de serre » du à la vapeur d’eau et à l’acide carbonique.

    D’autres risques menacent de plus en plus les populations. Aucune des zones du monde n’est épargnée par au moins un risque naturel. En Indonésie nous avons vu ce qu’a provoqué le Tsunami, en Italie , les éboulements, en Inde , les inondations, en Afrique, la sécheresse, en Europe le grand Froid…et plus prêt de notre zone de la Caraïbe, le séisme en Haïti.

    Des catastrophes naturelles, de plus en plus fréquentes, violentes et dévastatrices qui nous montrent notre impuissance.  Les moyens d’actions existent. Il faut nous  mobiliser pour comprendre et prendre les décisions qui s’imposent pour la survie de l’espèce humaine.

    Nous sommes confrontés à un problème à deux entrées (économique et environnemental) avec la même variable connue : l’avenir menacé de l’Homme.

    Les humanistes que nous sommes, ne sauront restés indifférents. C’est la raison pour laquelle je m’inscris dans une philosophie et une démarche.

    1)      La philosophie qui m’anime est celle de la solidarité. Cette solidarité du devoir ou ce devoir de solidarité qui fait que « moi » et « l’autre » constitue un « nous » relationnel qui objecte la fatalité pour un continuel humain au-delà de notre présent temporel !

    Une solidarité en mouvement perpétuel qui Fein de  marquer le temps sans y porter un intérêt. L’essentiel est de donner du  sens à l’acte de reconnaissance de l’un pour l’autre ou de l’un pour la continuité de l’autre pour construire des œuvres pour le bonheur de tous.

    2)      La démarche que je préconise est celle de l’agir ensemble. Elle s’inscrit logiquement dans la philosophie de la solidarité. C’est la philosophe ivoirienne francophone Suzanne Tanalla BONI qui résume le mieux ma vison de la solidarité active : « Agir par solidarité est une manière d’humaniser la vie dans un monde de dette, de don, de distribution et d’aide. Un monde d’inquiétude grandissante pour les plus démunis. Ces mots, comme on pourrait le montrer, désignent, d’une manière ou d’une autre, des rapports de pouvoir dans lesquels il y a des puissants et des faibles. Et, entre puissants et faibles, ce qui est en jeu ne s’exprime pas seulement en termes de domination ou de sujétion mais aussi de connaissance et de reconnaissance, là où l’éthique va de pair avec l’anthropologie et d’autres sciences humaines et sociales, de même qu’avec la politique . S’il en est ainsi, la reconnaissance de chaque humain comme étant un humain – une fin en soi – semblable à un autre et non pas comme une bête de somme, un objet ou une marchandise, est d’autant plus difficile que les regards qui imaginent et conçoivent des rapports entre humains d’horizons divers n’admettent pas la réciprocité dans la relation. Il y a par exemple

    « ceux qui aident » d’un côté et de l’autre « ceux qui sont assistés » « .

    Un agir ensemble pour repenser le développement. Un agir qui prend en compte tous les problèmes locaux à enjeux internationaux. Un agir ensemble introspectif,  se projetant vers l’ailleurs avec des codes et des valeurs propres à partager. Un agir ensemble qui s’ancre dans une zone  Caraïbe dont l’implantation historique de plusieurs peuples a permis de s’entrecroiser des cultures du monde. Des cultures qui ont générées une identité nouvelle partagée entre les coutumes, les pratiques et les croyances des Amérindiens, des africains, des Européens, des Indiens, des syro-libanais et des Chinois. Un métissage porteur d’espoir et qui donne une conception identitaire kaléidoscopique du monde dans sa version diversifiante. C’est cette vision multilatéraliste de la francophonie et le respect de la diversité de l’identité caribéenne que je veux partager avec tous mes compatriotes de  la Caraïbe pour s’enrichir et enrichir le monde. Cette vision est selon moi, la base indispensable de toute construction humaine et politique.

    Le moment est favorable pour inventer de nouvelles manières d’agir et de construire des pratiques qui prennent en compte l’homme caribéen dans sa globalité et le mette en synergie dans l’idée de rapprocher les peuples pour un développement durable et solidaire.

    Roland ROSILLETTE
    Président de l’ONG PLAC 21